Le principe de simplification séduit toujours. La retraite ne fait pas exception à ce principe. Et si nous inventions la retraite universelle où 1 euro cotisé donne le même résultat quelque soit le cotisant. Notre président Macron semble séduit par une convergence des systèmes.

La retraite à point semble être le futur de notre système. Mais le système obligatoire est-il suffisant afin que vous puissiez passer vos vieux jours heureux ?

La retraite universelle : chimère ou réalité ?

Je vous avoue une chose. J’ai toujours du mal à comprendre que l’on puisse traiter le cas de 67,2 millions de français et leurs spécificités avec un système unique. C’est d’ailleurs sur ce principe que les régimes spéciaux ont été créés pour respecter les spécificités des différentes corporations publiques ou parapubliques.

On peut dire que cela partait d’un bon sentiment. Mais dans la pratique, le financement des différents systèmes et leur équité fait débat.

Mais reparlons tout de suite d’équité. Car elle a fait naître la volonté de réforme de notre Président Emmanuel Macron. Son objectif : mettre en place un système de retraite obligatoire unique où «un euro cotisé donne lieu aux mêmes droits pour tous» dans les 10 ans à venir. Pour autant, elle n’a pas vocation d’uniformiser les taux de cotisation afférents aux différents statuts. Nous sommes loin de la retraite universelle promise…

Aujourd’hui…

La retraite obligatoire, un système par répartition

Pour mieux comprendre le malaise provoqué par son financement et les inquiétudes pesant sur le système, commençons par étudier la retraite par répartition.

Qui est concerné par le régime de base ?

Cette dernière est obligatoire. Par conséquent, tous les salariés et assimilés, les fonctionnaires, les travailleurs indépendants, les commerçants, les artisans et les agriculteurs cotisent pour financer leur future retraite.

Comment se fait le calcul du montant des droits à la retraite ?

Ces cotisations donnent des droits à la retraite en fonction du régime dont dépend le travailleur (régime de base ou spécial, et retraite complémentaire). Comme vous l’aurez compris, un euro de cotisation ne donnera pas les mêmes droits en fonction du système.

Ces droits individuels sont comptabilisés :

  • en montant en euros pour le régime de base. L’assiette de calcul se fait sur les 25 dernières années de rémunération pour les salariés du privé. Et les 6 derniers mois de salaires pour le calcul des pensions des fonctionnaires,
  • par points pour les régimes complémentaires (ARRCO et AGIRC).

A quoi servent les cotisations prélevées ?

Elles servent à financer la pension des retraités. Le régime obligatoire repose donc sur le principe de la solidarité.

Par conséquent, le montant des cotisations doit être supérieur à celui des pensions versées pour que le système soit pérenne dans le temps.

La retraite supplémentaire par capitalisation

Accessible à tout le monde, la retraite par capitalisation permet aux actifs de compléter le montant de leur retraite par des cotisations volontaires.

Par opposition avec le régime de base, les sommes versées sur un système de retraite par capitalisation appartiendront de manière individuelle aux cotisants. Pendant la phase de capitalisation, les cotisations seront revalorisées en fonction du système retenu. Afin d’en profiter au maximum, il est important de cotiser dès son plus jeune âge et de choisir au mieux son support d’investissement.

En général, ces cotisations sont versées sur des produits d’épargne retraite (Madelin, PERP, Article 82, Article 82, PERE, PEIRE…).  Ils ont l’avantage de procurer des avantages fiscaux sur les versements effectués. En contrepartie, les fonds seront déblocables sous forme de rente au moment de la mise en place de la retraite.

Il est possible de compléter cet épargne par :

  • de l’assurance vie beaucoup plus souple en terme conditions de sortie,
  • de l’immobilier permettant de ne pas altérer le capital pour privilégier l’aspect successoral,
  • un Plan d’Epargne Actions ou un Plan d’Epargne Populaire pour disposer de revenus totalement défiscalisés (hors prélèvement sociaux).

Demain…

Vers un alignement du système Privé et Public

La volonté claire du gouvernement est de mettre fin à l’inégalité de traitement entre salarié du privé et fonctionnaire pour l’assiette de calcul des pensions de retraite. La raison : équilibrer le système de retraite des fonctionnaires. Car aujourd’hui, 73% des pensions de retraite de la fonction publique est financé par l’impôts !

Accessoirement, cela permettra de simplifier le calcul des retraites pour les actifs ayant travaillé dans leur carrière dans le secteur privé et la fonction publique. Il n’y aura plus d’impact lors du passage d’un système à un autre.

Pourquoi la retraite à points ou retraite universelle devrait voire le jour

Inspiré par ce qui a été fait par l’ARCCO et AGIRC, le gouvernement envisage très sérieusement de mettre en place la retraite à points pour tous les systèmes obligatoires. Pour rappel, la retraite obligatoire comprend le régime de base et la retraite complémentaire.

Comment seraient calculées les prestations retraite ?

Pendant toute la durée d’activité, les cotisations seront prélevées de la même manière qu’aujourd’hui. Ce qui change, c’est la conversion de ces cotisations en euros vers des points. Cette conversion se fait grâce à la valeur du point retraite.

Les dangers de la retraite par points

Mais n’y a t’il pas quelque chose d’étrange… Pourquoi s’inspirer d’un système qui a été sauvé de peu par la fusion entre l’AGIRC et l’ARCCO au 1er janvier 2019.

La réponse pourrait être simple : elle s’appelle le taux d’appel.

Mais que se cache t’il derrière ce terme ?

Le taux d’appel correspond au coefficient de majoration appliqué à la valeur du point lors de l’acquisition par un actif. Il est depuis 1995 de 125% pour la retraite complémentaire ARRCO et AGIRC.

Concrètement qu’est-ce que cela signifie ? Vous achetez 125 un point qui vaut 100. Cela équivaudrait à faire des versements sur un contrat d’épargne retraite avec des frais d’entrée de 25% !

Appliquer le même système au régime de base permettrait de baisser aisément et insidieusement les futures pensions de retraite.

Une incitation plus grande de l’épargne retraite

La réforme Pacte va favoriser l’épargne retraite d’après les annonces de ce jour. Quels en seront les contours ? Il est trop tôt pour le dire. Nous en sommes uniquement au projet de loi. Mais le gouvernement semble une nouvelle fois nous pousser à reprendre notre destin en main.

Vers une suppression de la réversion

Avec la mise en place des droits individualisés en 2003, le gouvernement a posé le premier jalon de la suppression de la pension de réversion.

Le second jalon : la mise en place de condition de plafond de ressources pour conserver la pension de réversion sur la retraite de base.

Prochaine étape…

D’après plusieurs rapports, la feuille de route serait de limiter la réversion aux cas les plus extrêmes la pension de réversion à horizon 2025.

La conservation du système de retraite obligatoire par répartition…

Il n’y aura pas de remise en cause du caractère obligatoire et de son caractère de solidarité.

…Toujours complété par un système de retraite complémentaire par capitalisation

Et l’âge du départ à la retraite dans tout cela ?

Nous sommes toujours sur un sujet tabou en ce qui concerne l’âge légal de départ à la retraite. Toujours très impopulaire quand on décide de la modifier, cette variable d’ajustement est très compliquée à actionner pour un gouvernement.

Pour le coup, notre Président a annoncé qu’il ne modifiera pas l’âge légal et le laissera à 62 ans. Mais de plus en plus, la retraite universelle pousse le gouvernement à prévoir des systèmes de bonus/malus en fonction de l’âge effectif du départ à la retraite. Vous avez le choix entre partir plus tôt avec une retraite moindre ou travailler au-delà de l’âge légal afin de pouvoir profiter de vos vieux jours correctement.

La réforme survivra t’elle aux mouvements de grève ?

Nous verrons ce qu’il restera de la réforme à la fin des manifestations. Réponse d’ici l’été  à savoir qui gagnera ce bras de fer entre Gouvernement et Syndicats !

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